
Ces pages sont ouvertes à tous les membres de la Marisma. Ces pages ont besoin de vous; les sujets qui y seront traités sont vastes : - Vie et coutumes locales - Histoire des instruments de musique : la guitare, des castagnettes etc.. - Anecdotes etc...
Si le simple fait d’entrechoquer deux fragments de matière identique suffit à produire un son, on peut alors considérer qu’un instrument de musique est ainsi constitué. Il apparaît dès lors légitime de faire remonter l’origine de ce type d’instrument à la préhistoire. Plus précisément, les castagnettes telles que nous les connaissons aujourd’hui s’inscrivent dans une filiation directe avec les « crotales » de l’Égypte antique et les « cymbales », transmises depuis l’Orient par l’intermédiaire de la Mésopotamie.
Les crotales égyptiens, destinés à l’accompagnement rythmique, étaient fabriqués à partir de matériaux variés. Leur forme et leur facture ont connu des évolutions significatives au fil des siècles, sous l’influence des différentes civilisations avec lesquelles ils sont entrés en contact. Parmi les modèles les plus répandus figuraient des instruments reproduisant un avant-bras humain prolongé d’une main stylisée. En revanche, les crotales grecs et latins se distinguaient par l’abandon de la forme plane au profit d’une config
uration concave et profilée, permettant une plus grande subtilité dans les variations sonores.
Les cymbales, pour leur part, se présentent comme des disques plats produisant un son par percussion ou par frottement. Leur usage est attesté dans de nombreuses civilisations de l’ancienne Mésopotamie, mais également en Chine, en Asie du Sud-Est, ainsi que parmi les peuples arabes et nomades. Elles se déclinent selon des montages divers : instruments indépendants, fixés à un support ou suspendus à un lien. Ces éléments montrent que les différences essentielles entre ces instruments tiennent principalement aux matériaux employés et aux formes adoptées, lesquelles ont évolué de manière continue au cours du temps.
Il est par ailleurs difficile de ne pas relever la ressemblance entre les castagnettes modernes et certaines formes naturelles, notamment les coquilles de mollusques telles que la coquille Saint-Jacques. Pendant plus de huit siècles, les pèlerins parcourant l’Europe arboraient ce symbole attaché à leur bâton, en hommage à leur saint patron. La morp
hologie actuelle des castagnettes résulte ainsi d’une adaptation progressive à la main humaine, tant dans sa forme que dans son volume.
L’étymologie du terme demeure sujette à controverse : il pourrait dériver du mot espagnol castaña (« châtaigne »), en référence au bois dont elles étaient fréquemment taillées, ou encore évoquer leur forme en demi-coque rappelant la bogue. Les castagnettes se présentent systématiquement par paires, chacune composée d’un élément dit « mâle » et d’un élément « femelle ». Le premier produit un son plus grave, tandis que le second émet un son plus aigu. Reliées par un cordon fixé au pouce, elles reposent dans la paume de la main ; le mouvement des doigts provoque leur percussion, dont l’intensité et la résonance peuvent être modulées par la fermeture plus ou moins marquée de la main.
À l’époque contemporaine, les progrès en acoustique et en science des matériaux ont considérablement diversifié les possibilités de fabrication. Si le bois demeure largement privilégié, les matériaux synthétiques gagnent en popularité auprès de certains musiciens en raison de la richesse des timbres qu’ils permettent d’obtenir, bien que cette évolution continue de susciter des débats parmi les tenants d’une approche plus traditionnelle.
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